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Porteurs de lumière: l’art de résister!

Le 23 février dernier, le Mois de l’Histoire des Noirs (MHDN) nous a présenté l’exposition Porteurs de lumière à l’Arsenal. Belle salle, beau monde, belle énergie: que demander de plus?

Lors du vernissage, animé par l’énergique Carla Beauvais et soutenu par la Banque TD, les invités ont pu assisté à un bel échange entre l’artiste haïtien Ronald Mevs et le rappeur Webster.  Carla est allée au coeur du sujet en leur posant la question suivante: Comment utilisez-vous votre art pour résister? Question difficile et qui mène à une réflexion importante! M. Mevs, homme de peu de mots, nous a expliqué non sans quelques embûches qu’il remarque trop souvent une coupure entre l’Homme du nord et du sud. Avec son art, il souhaite créer un lien, un pont entre les deux. Il rend son art portatif, afin de le partager à travers le monde. Pas de grande explication requise, son art parle de lui-même!

De plus, il s’implique auprès de nos successeurs afin de s’assurer que les méthodes traditionnelles de l’art haïtien ne soient pas perdues. De cette manière, il résiste aux organisations internationales qui veulent « aider » mais qui ont tendance à imposer de nouveaux modèles artistiques.  M. Mevs s’impose une mission de grande envergure!

Webster, quant à lui, résiste en utilisant les mots et la musique pour mettre la lumière sur les enjeux sociaux qui nous préoccupent en tant que communauté noire.  Par exemple, la chanson SPVQ parle d’une expérience qu’il a eue avec la police (intercepté parce qu’il est noir, portait un capuchon et que le policier ne le connaissait pas!) Ceci est un résumé simplifié, mais ça explique le fond de la chose. Le fait de rapper sur ce sujet permet de faire voir notre réalité à Monsieur, Madame Tout le monde, évidement éloignés de ce type d’expérience.

Webster a ensuite rendu hommage à l’historien Paul Fehmiu-Brown, spécialisé dans l’esclavage au Canada, en récitant un texte complexe, touchant et inspirant, sur lequel il a bûché pendant 2 jours!

Philippe Fehmiu bien ému par cette performance, a partagé avec nous des souvenirs sur le ton particulier des recherches de son père, ponctuées de voyages partout au Canada, le porte-à-porte et la visite de cimetières pour répertorier les noms sur les pierres tombales. Toutes ses informations compilées et partagées à d’autres historiens, nous permettent aujourd’hui d’en savoir davantage sur l’esclavagisme qui a eu lieu au Canada. Merci M. Fehmiu-Brown.

Nous n’avons malheureusement pas pu voir l’historien en chair et en os pour des raisons de santé. Par contre, sa petite-fille Simone a lu un texto de sa part, exprimant avec humilité et simplicité sa reconnaissance d’avoir pu contribuer à faire connaître l’histoire des noirs au cours des quarante dernières années. 

Somme toute, une soirée inspirante et enrichissante. L’exposition s’est terminée le 27 février 2016.

Remerciements spéciaux au photographe Kevin Calixte  d’avoir partagé son talent avec LE MIX!