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Portrait artiste: Sar-El Bey

LE MIX vous présente Sar-El Bey : artiste, rappeuse, poétesse remplie de sagesse et de profondeur.  Son rapport à l’art ne fait qu’évoluer. Voici un résumé de notre entrevue. 

Peux-tu me parler de ton parcours artistique? Comment est-ce que ça a débuté?  

J’ai commencé à rapper à 14 ans. J’habitais la Floride et ça a commencé tout bonnement. J’avais un ami à l’époque, un peu plus vieux que moi. Il m’a dit qu’il a commencé à rapper: j’ai trouvé ça cool! Il m’a fait entendre ce qu’il faisait et j’ai été très impressionnée. C’était la première fois que je rencontrais quelqu’un qui rappait! Au bout d’un moment, il m’a dit :« you should rap too! » Je lui ai dit de m’écrire quelque chose et que je pourrais rapper. Il m’a regardée et m’a dit « est-ce que tu sais combien de temps ça m’a pris pour écrire mon propre verse? YOU WRITE YOUR OWN SHIT! » Ça m’a vraiment marquée, c’était un reality check! J’ai foncé. J’ai été influencée par Lil’ Kim, Foxy Brown, Lauryn Hill, Queen Latifah.

Qu’est-ce que l’art représente pour toi?  Quelle est ta vision? 

L’art, c’est la liberté. C’est très important pour moi de me sentir libre dans mon art. J’ai besoin de pouvoir explorer sans avoir à m’inquiéter de ce que les autres vont penser, de ce que l’industrie recherche.

Ma vision s’exprime au travers de ma musique. Nous avons parlé de la liberté; ça fait vraiment partie de mes valeurs. J’ai aussi un côté  rebelle, ce qui fait que j’aime me détacher de l’idée dominante imposée par l’industrie. Je veux me mettre dans des situations où je suis vulnérable dans mes textes et ne pas toujours parler du beau côté des choses.  Je trouve qu’avec les réseaux sociaux, on a cet espèce de mensonge : « Oh, la vie est rose! Regardez-moi! Je suis là! » Mais ce n’est pas la réalité. Il y a des moments où on se trouve cool et c’est vrai, mais il y aussi des moments où ce n’est pas le cas et c’est correct! Le fait d’avoir à jongler tout ça fait la beauté de la vie, donc j’aime présenter cette vision. Mixer tout cela avec les mots et la musique me permet d’explorer, de démontrer et de parler de moments vulnérables.

Je remarque une transition dans ton art ainsi que dans ton image. Qu’est-ce qui a amené cette transformation?  

Si on part du début, il y avait 500 SL. Ensuite, il y a eu Sara Sheline Meanmachine qu’on a connu plus dans le rap hardcore, personnage que j’aime beaucoup, qui fait encore partie de moi et qui fera toujours partie de moi. Puis finalement, il y a Sar-El Bey. Elle représente la femme mature, à l’aise dans sa liberté, qui se reconnaît et s’accepte et qui veut faire savoir aux gens qu’il y a eu un grand changement, autant à l’interne qu’à l’externe. Pour le reste, il va falloir le découvrir.

Quelles sont les plus grandes difficultés que tu as rencontrées sur ton parcours?  Comment réussis-tu à les surmonter? 

Il y en a eu beaucoup! Que ce soit sur la scène montréalaise, je me souviens que dans le temps, on racontait souvent que l’artiste avait son producteur. Clairement, il y avait des équipes producteurs/ rappeurs dans le temps. Aujourd’hui, ce n’est pas la même chose. Donc, ça peut être un obstacle de trouver un producteur qui te suive tout au long de ta carrière. Un autre obstacle est le manque d’effort des promoteurs pour l’art local. Je trouve qu’on met l’emphase sur le côté business, mais on ne considère pas assez la possibilité de faire des affaires à long terme. Il y a énormément qui pourrait être fait ici, mais la scène n’est pas développée parce que les gens qui sont en place, les pionniers, ne mettent pas l’effort nécessaire pour que cela se fasse. Pour moi, cela représente un très gros obstacle présent sur la scène de Montréal.

J’ai toujours marché dans ma propre lignée. J’ai créé mon entreprise avec mon associé et on fait les choses ensemble à notre rythme. Ce qui me permet de contrôler ma musique, d’avoir ma liberté et de dire non quand les choses ne me conviennent pas.

Comment arrives-tu à garder l’équilibre entre ta vie personnelle et ta vie professionnelle?

Excellente question! Chaque jour est un combat, parce que je trouve que dans le monde de la musique et des arts,  l’inspiration vient de manière spontanée. Quand tu as encore un pied dans l’autre monde, soit la Matrice si on peut dire ça ainsi, il est difficile de jongler entre les deux, parce qu’il y a d’un côté mon besoin de liberté et l’autre le monde structuré, la façon dont la majorité vit et s’organise. J’arrive à créer lorsque je me sens libre. Revenir à la réalité n’est pas facile. C’est souvent une bataille! Je l’avoue, j’ai de la misère à balancer les deux! Pour me sentir bien, je me force à suivre une discipline chaque jour pour me plonger dans mon univers de musique. J’essaie de garder un équilibre, ne pas partir trop dans un sens ni dans l’autre.

On espère tous qu’elle continuera à maintenir cet équilibre qui lui permettra de solidifier son parcours artistique!

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Voyez son plus récent vidéoclip  Reality Check 

Sar-el Bey. Reality Check